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Archives audiovisuelles

Nous préparons un document d’archives vidéo avec le fond de la Cinémathèque de Bretagne. Pour patienter, voici un extrait mis en ligne par la Cinémathèque de Bretagne sur la plateforme Vimeo.

Job de Locronan – Cinémathèque de Bretagne from CinémathèqueDeBretagne on Vimeo.

FILM 1 : Voyage en Bretagne
Réalisateur : Eugène Dupont
Année : 1946
Format : 9,5 mm
Durée extrait : 0’34 »
Noir et Blanc / Muet

FILM 2 : Les derniers artisans
Réalisateur : Pierre Bonnot
Année : 1964
Format : 8 mm
Durée extrait : 0’35 »
Couleur / Muet


Résumé :
Le sculpteur Job au travail devant son atelier en 1946 puis 1964.

Job sculpte le buste du roi George VI, roi d'angleterre

JOB, L’IMAGIER DE LOCRONAN

JOB, L’IMAGIER DE LOCRONAN

Depuis plusieurs années, Job Le Gall travaille du matin au soir, presque par tous les temps, sur la place historique de Locronan, face à la vieille église.

Il est devenu une figure bien connue et, pendant la belle saison, les touristes font cercle devant son établi et le regardent sortir en quelques heures, d’un bloc de vieux bois, des saints, des saintes de toutes les églises de la région ou des sujets divers copiés sur des cartes postales, des photographies, voire même des dessins de journaux.

Job est arrivé au maximum de la rapidité dans l’exécution et la ressemblance du sujet choisi.

JOB termine le buste du roi d’Angleterre. (Ph. Dépêche)

Depuis un an, ayant une collection unique de toutes les statues de nos églises, Job s’est mis à la reproduction de types bretons qu’il fait d’une façon fort habile et dans un sentiment délicat, personnel, étonnant de la part d’un artisan chez qui se découvre chaque jour un véritable tempérament d’artiste.

Nous venons de le voir créer en quelques heures, entre 8 heures du matin et 18 heures de la même journée, dans un bloc de chêne d’Afrique, un buste du roi d’Angleterre d’une très grande ressemblance, bien qu’ayant simplement comme modèle une photographie prise de face et très quelconque.

C’est l’à une preuve de l’habileté, de la rapidité d’exécution de Job, fier de 6on titre: « l’imagier »!

Ce buste, que nous reproduisons ici, a fait l’admiration des nombreux visiteurs venus lundi dernier à la dernière manifestation des fêtes interceltiques de Châteaulin; la délégation anglaise a. tout particulièrement, félicité l’artiste.

Ce portrait du roi George VI voisine avec celui du président Lebrun, également très ressemblant, comme ceux que Job a fait de Aristide Briand, Lou-cheur, Mgr Duparc, Ch. Daniélou et de plusieurs personnalités de la région.

Sans s’en douter certainement (Job est un modeste), il est aussi un artiste né et il mériterait voir des maîtres dans l’art de la sculpture s’intéresser à lui, car il peut et doit mieux faire que ces habiles et rapides reproductions, exécutées par des moyens de fortune, en plein air, sur la magnifique place de Locronan. — L. T.



(Castellano)

JOB, EL IMAGENERO DE LOCRONAN

Durante varios años, Job Le Gall ha estado trabajando desde la mañana hasta la noche, casi en cualquier clima, en la histórica plaza de Locronan, frente a la antigua iglesia.

Se ha convertido en una figura muy conocida y, cuando hace buen tiempo, los turistas forman un círculo frente a su banco de trabajo y lo ven emerger en pocas horas, de un bloque de madera vieja, santos, santos de todas las iglesias de la región. o varios temas copiados en postales, fotografías, incluso dibujos de periódicos.

Job llegó a la máxima velocidad en la ejecución y semejanza del tema elegido.

JOB completa el busto del Rey de Inglaterra. 

Desde hace un año, teniendo una colección única de todas las estatuas de nuestras iglesias, Job se ha dedicado a la reproducción de tipos bretones, lo que hace con gran destreza y con un sentimiento delicado, personal, sorprendente por parte de un artesano. que descubre cada día un verdadero temperamento artístico.

Le acabamos de ver crear en unas horas, entre las 8 y las 18 horas del mismo día, en un bloque de roble africano, un busto del rey de Inglaterra de un parecido muy grande, aunque teniendo simplemente como modelo una fotografía. tomada de frente y muy sencilla.

Esta es una prueba de la habilidad, de la velocidad de ejecución de Job, orgulloso de su título: ¡ »el pintor de cuadros »!

Este busto, que aquí reproducimos, fue admirado por los numerosos visitantes que acudieron el pasado lunes a la última manifestación de las fiestas interceltas de Châteaulin; la delegación inglesa a. en especial, felicitó al artista.

Este retrato del rey Jorge VI es cercano al del presidente Lebrun, también muy similar, como los que Job hizo de Aristide Briand, Lou-cheur, Monseñor Duparc, Ch. Daniélou y varias personalidades de la región.

Sin dudarlo (Job es un hombre modesto), es también un artista nato y merece que maestros en el arte de la escultura se interesen por él, porque puede y debe hacerlo mejor que estas hábiles y rápidas reproducciones, ejecutadas por medios improvisados, al aire libre, en la magnífica Place de Locronan. — LT

photo buste Georrges Le baill

Le buste de M. le sénateur Georges LE BAIL par Job Le Gall, le jeune sculpteur de Locronan

Dans quelques jours le public pourra voir, aux bureaux et à la librairie du « Citoyen », rue Elie Fréron, un buste de M. Georges Ie Bail, sénateur, maire de Plozévet, décédé le mois dernier.

Ce buste, sculpté dans un bois exotique et rare, a déjà fait l’admiration des personnes qui ont pu apprécier la ressemblance obtenue par l’artiste et la netteté d’exécution de cette oeuvre de valeur, qui vient d’être acquise par M.P. Guéguen, gérant du c Citoyen ».

L’auteur ? Un jeune, un modeste, un artisan, un artiste né, Job Le Gall, qui travaille selon sa fantaisie, son inspiration, sans avoir eu de maitre, et qui, d’après un dessin, une photographie, anime en quelques coups de burin, un bloc de bois, en fait jaillir une ressemblance, lui donne de la vie!…

Job Le gall digne émule des artisans, qui, voilà quelques siècles, partait sur le “trimard”, sculptaient au hasard de leur randonnées sur les grands chemins, des statues, des fleurs, des gargouilles faisant toujours la beauté, la richesse de nos vieilles églises et de nos plus merveilleuses cathédrales, Job Le Gall, dis-je, a choisi comme atelier la magnifique place de Locronan.

Pouvait-il trouver un cadre plus admirable ? N’est-ce pas la splendide église de St-Ronan qui lui a inspiré ses premières oeuvres ?

Tous les touristes passant à Locronan admirent cette place historique, son puits, son église. son hostellerie, reproduction de l’hôtel de la Compagnie des Indes etc.; ils s’arrêtent devant l’établi que Job Le Gall porte chaque jour au coin d’une des maison voisinesde celle de la reine Anne et, du matin au soir, le regardent fouiller dans des blocs de bois de démolition et, en quelques heures, en sortir des saints naifs, copiées dans les vieilles églises bretonnes, ou avec la même facilité, la même rapidité, des bustes d’hommes du jours dont il a trouvé les photographies dans les journaux.

Voici, toujours d’après photographie, le buste du sénateur Le Bail; l’an dernier il exécutait à Brest, celui du président Lebrun, lors du passage du chef de l’Etat dans ce port; nous avons vu

Job Le Gall, en quelques coups de ciseaux, n’ayant comme modèle qu’une reproduction d’un quotidien, nous sortir des bustes, remarquables de ressemblance, de Loucheur, Aristide Briand,etc.

Job Le Gall, bohème et artiste, est une figure bien connue dans cette région. Bohême il l’est quand, tout à coup, on le volt ramasser ses rares outils et sauter dans le premier autocar qui passe. Vêtu de son pantalon rouge de pêcheur douarneniste, la chemise au col grand ouvert, les cheveux au vent,, il part au gré de sa fantaisie, à Brest, à nantes, à Paris,, à Nice, etc.. Puis, un beau jour, il revient, reprend tout naturellement sa place devant l’église de Locronan, près de son vieux puits, et, tout en bavardant avec les touristes, avec ses camarades d’enfance, il sort, à jet continu, des statues de la troménie qui font l’admiration des amateurs de “primitifs”.

 nous avons l’occasion une fois de plus, grâce à ce buste du sénateur Le Bail, d’attirer l’attention sur cet incompréhensible et sympatique artiste; nous le faisons avec plasir; il mérite mieux que la situation qu’il occupe actuellement, mais c’est un philosophe et, après tout, il a peut-être raison de préférer aux belles situations qui lui furent proposées, son modeste établi sur lequel il travaille sans le moindre souci, dans le plus merveilleux atelier qui soit: la place de Locronan.

L.T


Version Castellano

El busto del senador Georges LE BAIL por Job Le Gall, el joven escultor de Locronan

Dentro de unos días el público podrá ver, en las oficinas y en la librería Citoyen’s, rue Elie Fréron, un busto del Sr. Georges Ie Bail, senador, alcalde de Plozévet, fallecido el mes pasado.

Este busto, esculpido en una madera exótica y rara, ya se ha ganado la admiración de las personas que han podido apreciar el parecido obtenido por el artista y la pulcritud de ejecución de esta valiosa obra, que acaba de ser adquirida por M.P. Guéguen, gerente del “Ciudadano”.

¿El autor? Un joven, un modesto, un artesano, un artista, Job Le Gall, que trabaja según su fantasía, su inspiración, sin haber tenido un maestro, y que, a partir de un dibujo, de una fotografía, anima un bloque de madera con unos pocos golpes de cincel, saca una el parecido, le da vida!…

Job Le Gall digno emulador de los artesanos que, hace unos siglos, partiendo del « trimard », esculpían al azar de sus caminatas por los principales caminos, estatuas, flores, gárgolas haciendo siempre la belleza, la riqueza de nuestras antiguas iglesias y de nuestros más catedrales maravillosas, Job Le Gall, digo, eligió la magnífica Place de Locronan como su estudio.

¿Podría encontrar un escenario más admirable? ¿No fue la espléndida iglesia de St-Ronan la que inspiró sus primeras obras?

Todos los turistas que pasan por Locronan admiran esta plaza histórica, su pozo, su iglesia. su hostelería, reproducción del hotel de la Compagnie des Indes, etc.; se paran frente al banco de trabajo que Job Le Gall lleva todos los días a la esquina de una de las casas contiguas a la de la reina Ana y, de la mañana a la noche, lo ven rebuscar entre bloques de madera de demolición y, en pocas horas, salir. de santos ingenuos, copiados en las antiguas iglesias bretonas, o con la misma facilidad, la misma rapidez, de los bustos de hombres de la época cuyas fotografías encontró en los periódicos.

Aquí, de una fotografía, está el busto del Senador Le Bail; el año pasado ejecutó en Brest, la del presidente Lebrun, durante el paso del Jefe de Estado por este puerto; Hemos visto

Job Le Gall, con unas cuantas tijeras, teniendo como modelo sólo una reproducción de un diario, nos salen los bustos, notables de parecido, de Loucheur, Aristide Briand, etc.

Job Le Gall, bohemio y artista, es una figura muy conocida en esta región. Bohemia es cuando, de repente, le piden que recoja sus raras herramientas y se suba al primer autobús que pasa. Vestido con su pantalón rojo de pescador douarnenista, la camisa con el cuello muy abierto, el pelo al viento, se marcha a su antojo, a Brest, Nantes, París, Niza, etc. Luego, un hermoso día, vuelve, con toda naturalidad vuelve a ocupar su lugar frente a la iglesia de Locronan, cerca de su antiguo pozo, y, mientras charla con los turistas, con sus amigos de la infancia, emerge, en un flujo continuo, de las estatuas de la troménie que son admiradas por los fanáticos. de “primitivos”.

Tenemos la oportunidad una vez más, gracias a este busto del senador Le Bail, de llamar la atención sobre este artista incomprensible y simpático; lo hacemos con gusto; se merece algo mejor que el puesto que ocupa actualmente, pero es un filósofo y, después de todo, tal vez tenga razón en preferir a los hermosos puestos que le ofrecieron, su modesto banco de trabajo en el que trabaja sin la menor preocupación, en el taller más maravilloso que existe: la Place de Locronan.

archives le phare de la loire

Job, sculpteur sur bois, a dû quitter la Bretagne

Le Phare de la Loire, 3 décembre 1936

Quand « Job » était encore à son établi, en Bretagne Avez-vous vu travailler Job ?…

Job est un petit gars de Bretagne, un Breton cent pour cent. Cela se voit à son sourire, à son visage même qu’on n’aurait pas besoin de styliser pour le poser sur les épaules de quelque saint de calvaire.

Job s’est installé chez Decré pour un mois, avec son établi, ses outils et une partie de son œuvre.

Le matin, il retrousse ses manches et, à grands coups de gouge, attaque un bloc.

Cette bille de bois sera-t-elle dieu, table ou cuvette ? Cela dépend de l’inspiration de Job. Le soir venu, il a créé un de ces types de vieux celtes qu’il connaît bien ou encore quelqu’une de ces naïves et touchantes images de calvaires dont l’art étonnant autant que la matière continuent de défier les embruns du Finistère.

Job est né à Morlaix. A treize ans, on le plaçait chez un sculpteur de l’endroit, un de ces vieux artisans régionaux dont les ancêtres sont à l’origine de notre Histoire de l’Art.

Le maître de Job ne lui a pas parlé des canons de la statuaire grecque. Il lui a mis de bons outils dans les mains et un solide bloc de chêne sous le nez. Job n’a pas connu les farces d’ateliers et n’a pas fréquenté les pontifes du ciseau officiel. Ce qui ne l’a pas empêché d’acquérir dans le domaine artistique le plus ingrat un métier étourdissant, en même temps qu’il conservait à son art une merveilleuse pureté. Ce n’est pas assez dire qu’il sculpte : il est de ceux qui animent la matière, semblent l’imprégner de vie en la pétrissant avec amour.

Durant quelque temps, Job Le gall a ouvert boutique à Locronan. Hélas ! Les jeunes bretonnes d’aujourd’hui ne dorment plus dans les lits clos et ne rangent pas leur trousseau dans une armoire à gâteaux.

D’autre part, les Parisiens ne vont pas en vacances pour acheter des œuvres d’art aux artisans du cru… N’y a-t-il pas, à Paris, d’excellents antiquaires ?… 

Un beau matin, Job a bouclé sa caisse à outils pour partir à l’aventure. On l’a vu planter son établi miraculeux dans la plupart des grandes villes de France. Il est même allé jusqu’à Nice, où son art a fait l’admiration de tous ceux qui sont sensibles non seulement au savoir-faire, mais aussi à l’expression d’un talent réel.

Aujourd’hui, Job est à Nantes. Il a su, entre deux rayons d’un magasin moderne, recréer le décor de légende qu’il affectionne. Il travaille sous l’œil bienveillant de tous les Patrons de son pays, indifférent aux curieux qui, oubliant la cravate ou le pyjama, but véritable de visite, s’arrache à regret de l’établi du sculpteur.

Notre ville s’honore de posséder de nombreux et authentiques amateurs d’art. Ils doivent une visite à Job – J.


Merci à l’association Les mémoires de Locronan pour nous avoir signalé cette belle description de JOB!

Crédits: archives départementales de la Loire / Association Les mémoires de Locronan

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Les premiers bustes de JOB

On peut dater entre 1932 et 1933 les débuts de JOB dans la sculpture de portraits taillés dans le bois. On reconnait sur la photographie son buste autoportrait et celui d’Aristide Briand.

Buste autoportrait de Job exposé lors de l’évènement d’hommage au musée de Locronan en juillet 2021